La Problématique Homophobe

 

gabriel versini-bullara - défense victimes de discriminations - publication ex-aequo et tabloïd  1997En ce nouveau millénaire qui s’annonce, il est un postulat qui donne la nausée : celui d’une homo phobie qui non seulement reste toujours aussi vivace tant dans les esprits que dans les actes, mais qui plus est tend à se cristalliser dans certaines hautes sphères étatiques et / ou religieuses confortant en cela soit un électorat fascisant, soit une communauté paroissiale sectorielle qui souvent se confondent.

 

Par ces mécanismes d’exclusions et d’ostracismes institutionnalisés, risquent d’être définitivement battus en brèche à la fois les valeurs même de la Loi républicaine fondée sur la lutte contre les atteintes à la dignité de la personne (1) et les fondements altruistes d’une religion basée sur l’amour de l’autre et le rejet de toutes formes de discrimination (2).

 

Dans ces circonstances, il importe de proscrire toutes prises de position ou tous écrits ouvertement homophobes qui veulent générer au sein de la société française à la fois une peur obsédante et irrationnelle ; et un dégoût et une répulsion de celui ou celle qui n’entre pas dans le carcan sociétaire et échappe ainsi aux normes de référence établie.

 

La communauté homosexuelle en son entier et l’Etat ne sauraient tolérer de tels débordements verbaux ou épistolaires et ce quelque soit la personnalité politique et / ou religieuse qui les diffuse, laquelle d’ailleurs abuse ainsi de sa qualité et de l’autorité qui lui est conférée pour instiller la haine, le rejet, l’intolérance et l’exclusion dans des esprits peu ouverts à l’Autre.

 

La mise à l’Index de l’homosexualité constitue à l’évidence une volonté de « rendre absent » ou de tuer légalement, religieusement, politiquement, socialement : l’homme libre.

 

Il importe de rester toujours vigilant aux fins d’éviter qu’à l’instar d’une épidémie, l’homo phobie ne devienne une maladie sociale transmissible, aux réactions brusques et amples, d’une criante réalité sociologique mais tant gratifiée par certains contemporains.

 

Véritable maladie sociale endémique s’agissant de l’Alsace, où la présence habituelle d’une homo phobie est alimentée par les discours d’un prélat qui ose réduire l’homosexualité à la satisfaction de pulsions instinctives, ravalant ainsi l’Autre au rang d’animal dans une conception moraliste de la société.

 

Tolérance ou intolérance ne sont pas de mise en l’espèce. Ces notions restent foncièrement injustes puisqu’elles induisent pitié et pardon pour ceux qui pensent ou agissent différemment de la majorité de leurs contemporains.

 

Aimer doit demeurer un droit fondamental de l’homme libre

 

                                                                                                            Gabriel Versini-Bullara

                                                                                                            Avocat au Barreau de Lyon

                                                                                                            tabloïd mars 1997

 

(1) Article 225-1 du Code Pénal qui fonde la répression de la discrimination fondée sur les moeurs, vise à protéger toute personne dans son mode de vie. Concrètement, cette disposition concerne les personnes homosexuelle;

(2) Catéchisme de l'Eglise Catholique, §1935, p403 "toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu'elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée, comme contraire au dessein de Dieu"